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Déclaration du 17 mars 2026 au sujet de la guerre au Moyen-Orient
"Le chemin durable vers la paix ne passe pas par la guerre"
Depuis plusieurs semaines, la guerre embrase une nouvelle fois le Moyen-Orient. Comme l’a rappelé le Saint-Père, l’humanité est entraînée vers « un abîme irréparable ». Dans le fracas des armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort, ce sont, comme toujours, les plus vulnérables qui subissent les conséquences les plus lourdes.
Face à cette situation alarmante, nous affirmons que le chemin durable vers la paix ne passe que par l’audace du dialogue, le courage de la diplomatie et le respect du droit international.
Nous assurons les peuples du Moyen-Orient de notre proximité fraternelle et de notre solidarité concrète. Nous restons en contact régulier avec les patriarches et les divers responsables des communautés chrétiennes des pays concernés, ainsi qu’avec les autorités de l’État français et les services diplomatiques du Saint-Siège, nous efforçant de soutenir les populations les plus démunies, grâce au concours de l’Œuvre d’Orient notamment.
Aux catholiques de France, nous proposons, en ce temps de Carême, de prier et de jeûner d’une façon particulière pour la paix et de poser des gestes concrets de solidarité, en répondant aux demandes de dons ou en se manifestant, d’une façon ou d’une autre, auprès des communautés du Moyen-Orient.(1)
Que l’Esprit de Dieu éclaire les consciences et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice !
+ Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
+ Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
+ Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
(1) Voir sur www.eglise.catholique.fr/urgence-moyen-orient

Déclaration du 27 février 2026 suite au vote solennel de l'Assemblée nationale sur la fin de vie
La Conférence des évêques de France prend acte du vote solennel intervenu le 25 février 2026 en faveur des propositions de loi relatives à « l’accompagnement et aux soins palliatifs » ainsi qu’à « l’aide à mourir ».
Elle se réjouit que le renforcement des soins palliatifs, condition indispensable pour garantir le soulagement de la douleur et l’accompagnement digne de toute personne en fin de vie, ait été inscrit dans la loi. Le développement effectif de ces soins sur l’ensemble du territoire demeure une exigence prioritaire et un impératif de justice.
Cependant, la Conférence des évêques de France exprime une nouvelle fois et avec gravité sa profonde opposition à l’adoption d’un dispositif légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte ainsi que l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant, manifestent une importante fracture au sein de la représentation nationale. Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond.
Au cours des débats parlementaires, de nombreuses voix (soignants, juristes, philosophes, représentants de patients, acteurs de terrain, parlementaires) ont formulé des mises en garde précises et argumentées. Beaucoup ont alerté sur les risques d’ambiguïtés juridiques, sur les pressions sociales ou familiales qui pourraient peser sur les personnes vulnérables, sur la transformation radicale de la mission du médecin, appelé désormais non seulement à soigner et soulager, mais à provoquer la mort.
La CEF regrette qu’aucune de ces préoccupations majeures n’ait été prise en compte, notamment pour intégrer une clause d’établissement visant au respect des chartes éthiques propres à certains établissements. Par ailleurs, le maintien du délit d’entrave, outre le fait qu’il s’oppose gravement à la liberté de conscience, comporte un risque réel quant aux actions de prévention contre le suicide.
Sur un sujet d’une telle gravité, le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large est grandement préoccupant. Car légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit : il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société.
La Conférence des évêques de France rappelle avec force que donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain. Elle compte sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort.

Lettre des évêques aux agriculteurs et agricultrices le 21 janvier 2026
« Il faut de l’espoir chez celui qui laboure pour ensemencer la terre. Et le meunier doit moudre le grain en espérant recevoir sa part pour nourrir les siens. » (1 Co 9, 10).
Vous qui labourez pour ensemencer la terre et lui faites porter du fruit, vous qui prenez soin de vos bêtes, vous qui entretenez nos vallées, nos collines et nos paysages, vous qui nourrissez le monde chaque jour, bien souvent sans répit ni juste reconnaissance, nous vous avons rencontrés à de multiples reprises ces derniers mois, ces dernières années. Nous avons entendu votre exaspération contre des mesures décidées loin des réalités de vos exploitations, sans concertation de proximité. Nous déplorons les jugements hâtifs d’une société majoritairement métropolisée qui, trop souvent, méconnait les contraintes de votre labeur. Nous avons conscience du poids de la dématérialisation numérique et des surcharges administratives qui se substituent à la relation humaine. Nous entendons vos inquiétudes face à la mondialisation des échanges, le dérèglement climatique, l’avenir de la politique agricole. La souffrance de l’éleveur qui voit son élevage brutalement abattu nous affecte. La détresse et la douleur de ceux qui sont isolés et baissent les bras nous éprouvent.
De crise en crise, les circonstances appellent à des transitions nécessaires qui redonnent espoir et confiance. A l’occasion de l’ouverture du Salon de l’agriculture, nous souhaitons formuler trois points d’attention.
La souveraineté alimentaire ne saurait être déléguée sans risques majeurs. Elle n’a pas à être une variable d’ajustement du commerce mondialisé, ni le jouet de la concurrence effrénée au détriment des cultures vivrières des peuples et de leur santé. « Quand nous lisons le récit de ce qui est communément appelé la « multiplication des pains », rappelait récemment le pape Léon XIV dans son discours à la Conférence de la FAO, « nous nous rendons compte que le véritable miracle accompli par le Christ a été de mettre en évidence que la clé pour vaincre la faim consiste davantage à partager qu’à accumuler de façon avide. » Manger n’est pas une option, et l’aliment ne doit jamais devenir un bien spéculatif. L’abondance des étalages nous fait oublier combien notre pain quotidien repose sur votre travail et le soin que vous apportez à la terre. La nourriture pas chère quoi qu’il en coûte masque un impact social et environnemental problématique en concédant d’incroyables distances parcourues de la fourche à l’assiette. Ce que le consommateur ne paie pas, vous le subissez.
Le dialogue a besoin de se rétablir avec l’ensemble de la société car un fossé s’est creusé. « Des changements radicaux et urgents sont donc nécessaires pour redonner à l’agriculture et aux cultivateurs leur juste valeur comme base d’une saine économie, dans l’ensemble du développement de la communauté sociale » écrivait le pape Jean-Paul II1. Par une écoute renouvelée de vos syndicats, de vos organismes, et de vos représentants, notre société doit évoluer dans la conscience des défis complexes que vous portez et des injonctions contradictoires que vous recevez. Citons les attentes des consommateurs, l’endettement bancaire, les enjeux de la recherche agronomique pour inventer des solutions novatrices respectueuses des écosystèmes et de la santé, des relations parfois tendues avec les industries semencières et agroalimentaires, un marché mondialisé Parmi les pistes d’avenir, nous avons constaté combien la relocalisation de l’agriculture sur un territoire redonne du sens et du crédit à une politique locale et qu’elle rapproche producteurs, distributeurs et consommateurs.
Enfin, nous affirmons que, pour nous chrétiens, l’espérance que nous voulons porter pour le monde revêt une dimension spirituelle. Notre « maison commune », selon la belle expression du pape François dans l’encyclique Laudato Si, est bien autre chose qu’un simple marché où l’on pourrait produire sans limites. Dans cette maison commune, nous voulons prend en compte « le cri de la terre et le cri des pauvres » 2, par l’éducation, la solidarité, des pratiques coopératives, le partage de transitions réussies ici où là. Une maison commune intègre aussi les prochaines générations. Le désir d’agriculture persiste chez les jeunes. Beaucoup aspirent à des modèles plus diversifiés, moins intensifs, porteurs de sens, avec une vie familiale plus équilibrée, et un cadre moins contraignant pour faciliter les transmissions et accueillir plus largement.
En vous exprimant notre profonde gratitude et notre soutien, nous voulons, au nom de notre foi au Christ, nous engager à vos côtés d’une façon renouvelée, pour être des facilitateurs de liens, de rencontre, de dialogue entre vous et avec la société et, ensemble, travailler à la construction d’un monde commun et plus fraternel.
Monseigneur Denis JACHIET, président du pôle « Dialogue et Bien commun »
Monseigneur Didier NOBLOT, évêque accompagnateur de l’équipe nationale « Mission rurale »
Père Arnaud FAVART, délégué national à la Mission rurale

Tribune des évêques de France du 15 janvier 2026 sur la fin de vie
"On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort"
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